La France s'apprête à vivre le transfert de richesses le plus massif de son histoire contemporaine. Selon une étude d'envergure dévoilée par les Notaires de France lors du Congrès des notaires, près de 6 200 milliards d'euros de patrimoine vont changer de mains d'ici à 2040 au gré des successions et des donations. Ce phénomène sans précédent, baptisé la « Grande Transmission », résulte directement du vieillissement de la génération nombreuse du baby-boom, détentrice d'une part prépondérante du patrimoine immobilier et financier du pays. Pourtant, sans anticipation juridique, ce passage de témoin s'accompagne d'une fiscalité successorale lourde et de situations de blocage familial. À l'Office Notarial France Malépart, nous accompagnons les familles pour organiser cette étape décisive dans la sérénité. Analyse et leviers stratégiques avec l'office notarial de Maître France Malépart.
1. Pourquoi parle-t-on d'un séisme patrimonial d'ici 2040 ?
Les chiffres présentés par la profession notariale traduisent un bouleversement démographique et économique majeur :
- Un volume financier historique : 6 200 milliards d'euros représentent plus du double de la dette publique nationale ou près de deux ans et demi de produit intérieur brut (PIB) français.
- L'âge de plus en plus tardif des héritiers : En raison de l'allongement de l'espérance de vie, on n'hérite plus à 30 ou 40 ans pour démarrer dans la vie active, mais en moyenne entre 55 et 60 ans, à l'aube de la retraite, au moment où les besoins d'acquisition immobilière ou d'éducation des enfants sont déjà passés.
- Le décalage des besoins vers les petits-enfants : Ce sont aujourd'hui les jeunes adultes de 20 à 35 ans (les petits-enfants) qui ont le besoin le plus impérieux de capitaux pour financer leurs études, lancer une entreprise ou acquérir leur premier logement.
Si la transmission intervient brutalement lors du décès sans préparation, les héritiers se retrouvent souvent captifs de l'indivision. Pour comprendre comment dénouer ces situations, consultez notre analyse sur les voies de sortie d'une indivision successorale bloquée.
2. Les risques majeurs d'une transmission non préparée
Attendre l'ouverture de la succession sans avoir pris de dispositions expose les familles à trois écueils redoutables :
Une fiscalité confiscatoire au-delà des abattements légaux
En ligne directe, chaque parent peut donner jusqu'à 100 000 € par enfant tous les 15 ans en franchise totale de droits (article 779 du Code général des impôts). Lorsque rien n'a été transmis du vivant des parents, l'intégralité du patrimoine immobilier et mobilier est taxée d'un seul bloc lors du décès selon le barème progressif (qui grimpe rapidement à 20 %, 30 %, voire 45 % au-delà de 1,8 million d'euros de part nette taxable).
Le gel d'actifs et la mésentente entre cohéritiers
En l'absence de partage organisé, les enfants se retrouvent copropriétaires indivis de chaque bien. Or, comme le rappelle régulièrement notre étude, administrer des biens à plusieurs demande rigueur et consensus. Découvrez par exemple les règles impératives pour savoir si un héritier peut décider seul de mettre un bien en location.
L'exclusion involontaire des tiers ou du conjoint
Dans les familles recomposées ou les unions libres (concubinage, PACS sans testament), le droit successoral par défaut n'offre pas une protection automatique suffisante. Le partenaire survivant pacsé ne paie certes pas de droits de succession, mais sans testament rédigé par un notaire, il n'a aucun statut d'héritier légal.
Tableau comparatif : transmission subie vs transmission anticipée
Voici la démonstration concrète de l'écart d'impact entre l'attente passive et la mise en œuvre d'une stratégie notariale échelonnée :
| Critères d'analyse | Transmission subie (au décès) | Transmission anticipée (du vivant) | Bénéfice direct pour la famille |
|---|---|---|---|
| Utilisation des abattements fiscaux | Une seule fois (100 000 € / parent / enfant) | Rechargeables tous les 15 ans | Multiplication des exonérations légales |
| Assiette fiscale taxable | 100 % de la pleine propriété au jour du décès | Seule la nue-propriété est taxée (barème art. 669 CGI) | Économie fiscale immédiate de 30 % à 60 % |
| Paix familiale et répartition | Indivision subie, risque de désaccords et blocages | Donation-partage notariée figeant les valeurs | Sécurité juridique et contestations neutralisées |
| Saut de génération | Héritiers seniors (55-60 ans), transmission rigide | Donation transgénérationnelle vers petits-enfants | Aide ciblée aux jeunes au moment opportun |
3. Les 3 outils indispensables recommandés par l'office notarial
Pour orchestrer cette transmission dans les meilleures conditions civiles et fiscales, nous mobilisons l'ensemble de nos domaines d'expertise autour de mécanismes éprouvés :
A. La donation avec réserve d'usufruit
Transmettre ne signifie pas se dépouiller. Grâce au démembrement de propriété, les parents donnent la nue-propriété de leurs biens immobiliers tout en conservant l'usufruit leur vie durant. Conséquence : les donateurs continuent d'habiter le logement ou d'en percevoir les loyers. Au jour du décès, l'usufruit s'éteint sans aucune formalité et sans le moindre euro supplémentaire de droits de succession.
B. La donation-partage : le rempart absolu contre les litiges
Contrairement à une donation simple qui est réévaluée au jour du décès (créant des comptes d'apothicaire entre frères et sœurs si un bien a pris plus de valeur qu'un autre), la donation-partage fige définitivement la valeur des biens au jour de l'acte notarié. C'est l'instrument d'apaisement par excellence.
C. La donation transgénérationnelle
La loi autorise expressément les grands-parents à associer leurs enfants et petits-enfants dans un même acte de partage avec l'accord de la génération intermédiaire. Les petits-enfants reçoivent directement une part de capital ou d'immobilier (avec un abattement spécifique de 31 865 € par grand-parent), évitant un double frottement fiscal successoral successif.
Cas concret en Finistère : organiser la transmission d'une maison de famille à Carantec
Pour illustrer la portée chiffrée de ces solutions, prenons l'exemple d'Hervé (68 ans) et Marie-Anne (66 ans), propriétaires d'une belle maison avec jardin à Carantec, estimée à 500 000 €, et d'un portefeuille de placements financiers de 100 000 €. Ils ont deux enfants, âgés de 38 et 41 ans.
- Scénario 1 : Aucune démarche n'est entreprise. Au décès du second parent, le patrimoine total de 600 000 € sera transmis d'un coup. Après déduction des abattements de 100 000 € par enfant, chaque héritier est taxé sur 200 000 € selon le barème progressif. La facture fiscale globale atteint environ 36 388 € de droits de succession pour les enfants.
- Scénario 2 : Anticipation notariale par démembrement. À 68 et 66 ans, selon le barème fiscal officiel de l'article 669 du CGI, l'usufruit des parents vaut 40 % et la nue-propriété 60 %. En réalisant une donation-partage de la nue-propriété de la maison à l'office notarial, la base taxable transmise n'est plus que de 300 000 € (60 % de 500 000 €), soit 150 000 € par enfant. Grâce au cumul des abattements parentaux (100 000 € × 2 parents = 200 000 € par enfant), les droits de donation sont strictement égaux à 0 €.
Les enfants économisent plus de 36 000 € d'impôts, les parents restent maîtres chez eux toute leur vie, et la valeur des biens est définitivement cristallisée.
Si la transmission implique par la suite une recomposition de patrimoine ou une cession pour réinvestir, notre équipe vous accompagne également dans toutes les démarches du droit immobilier et de la négociation.

Foire Aux Questions : tout comprendre à la transmission d'ici 2040
Pourquoi le délai de 15 ans entre chaque donation est-il capital ?
L'abattement fiscal de 100 000 € dont bénéficie chaque enfant par parent se reconstitue intégralement tous les 15 ans. En commençant à transmettre tôt (dès 50 ou 60 ans), un couple peut utiliser cet abattement à deux reprises de son vivant, soit la possibilité de transmettre jusqu'à 400 000 € par enfant en franchise totale d'impôts, avant même l'ouverture de la succession.
Conserve-t-on le droit de vendre un bien donné en nue-propriété ?
Oui, mais avec l'accord de toutes les parties. Si les parents usufruitiers et les enfants nus-propriétaires s'accordent pour vendre le bien immobilier, le prix de vente est alors réparti entre eux selon la valeur respective de l'usufruit et de la nue-propriété au jour de la vente, ou réinvesti conjointement dans un nouvel actif (clause de report de démembrement).
Peut-on donner de l'argent liquide sans payer de droits ?
Absolument. En plus de l'abattement général de 100 000 €, l'article 790 G du CGI prévoit le « don familial de sommes d'argent » (don Sarkozy), permettant de donner jusqu'à 31 865 € supplémentaires par enfant, petit-enfant ou arrière-petit-enfant, sans aucun impôt, sous réserve que le donateur ait moins de 80 ans et que le bénéficiaire soit majeur.
Un projet, une interrogation ou une situation à débloquer ?
Les règles juridiques évoluent et chaque situation est unique. Qu’il s’agisse de sécuriser un projet immobilier, d’anticiper une transmission, de protéger vos proches ou de **propulser votre activité professionnelle**, l'Office France Malépart met sa haute technicité au service de vos intérêts. Prenons le temps d'analyser vos objectifs.
Vous avez un projet d'achat ou de vente ? Profitez de notre expertise en négociation :
Modernité, mobilité et rigueur d'un bout à l'autre de la France.
💡 Pour aller plus loin dans vos projets
L'Office Notarial France Malépart vous propose des espaces d'information et d'accompagnement pour vous guider dans vos démarches personnelles et professionnelles :






