Successions bloquées et conflits d'indivision : le vent du changement
L’indivision est une situation patrimoniale fréquente, mais elle peut rapidement se transformer en impasse lorsque les héritiers ne s'entendent plus ou que certains font preuve d'inertie. Pour répondre à ces situations de blocage qui dégradent les patrimoines familiaux et encombrent les tribunaux, le législateur a voté la loi n° 2026-248 du 7 avril 2026. Ce texte apporte des outils concrets et simplifiés pour accélérer les procédures et fluidifier la sortie de l'indivision.
Chez Maître France Malépart, nous croyons à l'anticipation et à la pédagogie. Voici un décryptage limpide de ce que ces nouvelles mesures changent pour vous et pour la gestion de vos projets immobiliers.
Vendre seul un bien indivis : la consécration de l'urgence commune
Jusqu’à présent, la règle de principe en indivision restait l’unanimité pour les actes importants, ou une majorité des deux tiers pour certains actes de gestion. Si un indivisaire refusait de vendre un bien, la situation découlait souvent sur de longues batailles judiciaires.
La grande nouveauté de la loi du 7 avril 2026 est l'introduction du nouvel article 815-6 du Code civil. Désormais, un seul indivisaire peut saisir le juge pour demander l'autorisation de vendre seul le bien indivis. Pour cela, il doit simplement rapporter la preuve de deux critères essentiels :
- L'urgence : par exemple, un bâtiment qui menace de s'effondrer ou des charges financières impossibles à assumer.
- L'intérêt commun : prouver que la vente préserve la valeur du patrimoine de l'ensemble des héritiers au lieu de le laisser dépérir.
Un exemple concret pour comprendre
Prenons le cas de trois frères et sœurs qui héritent de la maison de leurs parents à Morlaix. Deux d'entre eux souhaitent la vendre, mais le troisième refuse tout dialogue et bloque la situation. La toiture commence à fuir et les factures s'accumulent. Grâce à la nouvelle loi, un seul des frères et sœurs peut saisir le président du tribunal judiciaire pour faire autoriser la vente rapidement, évitant ainsi que la maison ne perde toute sa valeur.
La fin de l'inertie dans le partage judiciaire
Lorsque l'accord amiable est impossible, l'affaire se règle devant le tribunal : c'est le partage judiciaire. Menée par un notaire et supervisée par un juge, cette procédure était réputée pour sa lenteur administrative. Si un héritier refusait de répondre, les délais s'allongeaient de plusieurs mois.
La réforme de 2026 s'inspire de procédures simplifiées pour donner les pleins pouvoirs au juge face au silence d'un indivisaire :
- Suppression des relances interminables : Plus besoin de respecter de longs délais de mise en demeure par huissier pour nommer un représentant. Le juge peut désormais trancher et ordonner directement les mesures nécessaires.
- Compétence élargie : Le juge peut intervenir en direct pour régler les contestations qui surviennent en cours de liquidation et ordonner, si nécessaire, la licitation (la vente aux enchères) des biens pour débloquer l'argent.
- Pour tous les couples : Cette simplification du partage judiciaire est désormais expressément étendue à toutes les formes d'indivisions (successions, mais aussi séparations de couples mariés, pacsés ou concubins).
Successions vacantes et biens sans maître : une gestion accélérée
Il arrive parfois qu’une personne décède sans héritier connu, ou que tous les proches renoncent à la succession en raison des dettes. La succession est alors dite "vacante" et l'État doit gérer les biens laissés à l'abandon. Là encore, la loi de 2026 accélère le mouvement pour éviter les friches immobilières en centre-ville :
Plus de transparence pour les communes
Les mairies et collectivités locales peuvent désormais demander la levée du secret fiscal sur les biens dont le propriétaire est inconnu, ou dont la taxe foncière n'a pas été payée depuis plus de 3 ans. Cela permet d'identifier plus vite les blocages successoraux.
Une publicité modernisée
Les avis de successions vacantes s'affichent désormais de manière numérique sur le site internet du service des domaines, garantissant une meilleure circulation de l'information par rapport aux seuls journaux d'annonces légales.
Des ventes simplifiées
Le curateur nommé par l'État pour gérer ces biens peut désormais mandater un représentant pour signer les actes de vente officiels des meubles et immeubles, accélérant la remise sur le marché de ces logements.
L'accompagnement sur-mesure de votre notaire
Si la loi du 7 avril 2026 offre de nouveaux recours judiciaires plus rapides, le rôle de votre office notarial reste avant tout de privilégier la médiation et le dialogue. Chaque situation familiale est unique et nécessite une oreille attentive couplée à une haute technicité juridique. L'application de certains décrets de cette loi étant attendue d'ici la fin de l'année, nous analysons pour vous ces évolutions au cas par cas pour sécuriser l'avenir de votre patrimoine.
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Les règles juridiques évoluent et chaque situation est unique. Qu’il s’agisse de sécuriser un projet immobilier, d’anticiper une transmission, de protéger vos proches ou de **propulser votre activité professionnelle**, l'Office France Malépart met sa haute technicité au service de vos intérêts. Prenons le temps d'analyser vos objectifs.
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